Vive le mélange des cultures!

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Il parait que pour être un «bon» immigré, il faut faire siennes les coutumes et cultures du pays d’accueil.

Depuis 2 ans, je m’efforce donc de faire de mon mieux pour devenir un peu portugaise:

1. J’ai pris des cours de portugais et commence à me débrouiller. Fifille, du haut de ses 2,5 ans, semble avoir un vocabulaire autochtone plus étendu que le mien si j’en crois les conversations qu’elle entretient avec la puéricultrice et dont je ne comprends pas un traitre mot, mais je ne me décourage pas.
2. Je vais exposer mes jambes poilues de mère surmenée sur les plages de sable fin de Caparica. Malheureusement, la légende sur la pilosité des portugaises a du plomb dans l’aile. Comme l’étude minutieuse de Mr Monchéri le prouve, je suis la seule à avoir des problèmes d’épilateur…
3. Le bouchon du Pont du 25 avril est devenu mon endroit fétiche pour profiter du confort de ma Fiat Palio Weekend .
4. Je me suis convertie au culte du shopping et ai choisi le Colombo (l’un des plus grands centres commerciaux d’Europe) comme lieu de pélérinage hebdomadaire.
5. La morue au chocolat est, depuis peu, ma grande spécialité culinaire.

Mais, il y a une chose à laquelle je refuse obstinément de me plier, c’est la saudade!

Saudade est un mot, si on en croit les dictionnaires, totalement intraduisible et connu des seules portugaises.(permettez-moi d’en douter…) Il désignerait un mélange de mélancolie, de tristesse, de regrets, de rêverie, de nostalgie et d’insatisfaction. La saudade aurait été inventée par les femmes des grands navigateurs restées seules à tenir la maison pendant que leurs maris, « voilages », couraient les mers pour vérifier que la Terre était ronde.(Ils étaient forts, à ce temps là, pour trouver des excuses !). Leurs femmes, pour transcender la saudade ont composé le Fado. Le chant le plus déprimant que je connaisse.

Etrangement, de l’autre côté de l’Atlantique, là où leurs portugais de maris ont attérri, les filles dansent la samba! Pas pour rien que certains ne soient jamais rentrés…

Bref, l’immigration à cela de bon qu’elle permet le brassage des cultures. C’est pourquoi, chaque fois que la saudade me prend, je monte le volume de ma stéréo et chante « La petite gayolle », un chant populaire typiquement wallon. Je prends mes fifis et Mr Monchéri par la main et les entraîne dans un cramignon (farandole liégeoise) à travers tout le condominum!

N’en déplaise à mes voisins, les mélanges, il n’y a pas qu’en cuisine que c’est savoureux!

Si vous sentez la saudade vous titiller le nez,levez-vous pour chanter et danser avec moi. Voici deux versions de « la petite gayolle » de Julos Beaucarne qui vont vous requinquer, comme on dit chez nous!(Prudence si vous êtes au boulot, les patrons, en général, préfèrent entretenir la saudade de leurs employés…)
Cliquez ici pour écouter la version, un peu lourde, des supporters
Cliquez ici pour savourer la version douce de la chorale « la chanterelle »

Et vous? Z’avez pas envie de chanter votre propre version?

Les petits mots sont ferm�s.