Turbulences


Quand je rentre dans un avion, j’ai toujours une appréhension. C’est vrai, j’avoue, je ne suis pas une aventurière. Je préfère le plancher des vaches au plafond des hirondelles. Je me concentre sur l’objectif – ma destination- et me dit que les quelques heures de malaise en valent la peine.

J’ai un petit truc à moi. Avant de franchir le palier, je fixe un instant la carlingue et je l’habille d’une bulle de protection imaginaire. Vous pouvez rire, le résultat est là. J’ai toujours atterri au bon endroit !

Malheureusement, je ne prends jamais l’avion seule… Ceux qui sont déjà monté dans cette boîte à sardine avec des enfants en bas âge me comprendront. J’envie tous ces voyageurs qui se perdent dans un bon livre ou dans un bon gros sommeil, leur iPod sur les oreilles jusqu’à l’atterrissage. Leur temps passe plus vite que le mien !

Moi, je compte les allées et retours de Fifille dans l’allée centrale, le nombre d’appuies têtes arrachés, de crayons tombés. J’entretiens des conversations forcées avec d’autres mamans et j’ai des palpitations chaque fois que la miss fait du tamtam sur le hublot. Quand il est là, monsieur Monchéri ne m’est pas d’un grand secours. Le pauvre a développé une assez étrange maladie : la narcolepsie de l’air. Dès qu’il entend un réacteur, il s’endort.

Avec les exercices de respiration appris au Yoga et quelques gouttes de Xanax, j’arrive plutôt à bien gérer ce stress mais il ne faut surtout pas que les petites lampes « Attachez vos ceintures » s’allument !

Vous avez remarqué qu’elles s’allument toujours alors que l’avion bouge déjà depuis un petit bout de temps ? Je me dis que si le pilote prend la peine d’appuyer sur l’interrupteur c’est que les vraies turbulences arrivent seulement ! Les turbulences dont les grands voyageurs parlent, celles qui font dégringoler l’avion de plusieurs dizaines de mètres. Celles qui font tomber les masques à oxygène du plafond. Dans ces cas-là, je m’agrippe au siège ma fifille serrée sur les genoux hurlant à la mort et j’attends que ces maudites lampes s’éteignent.

Et pourtant, un voyage sans turbulence n’existe pas… L’air n’est que l’état gazeux de la Vie : dense à certains moments et plus légers à d’autres. Quelque soit la particularité de l’atmosphère ambiante, l’avion continue sa route. Il tremble, tombe un peu parfois, mais sait qu’il sera toujours soutenu par l’air qui l’entoure.

Quand nous traversons une période de turbulence dans nos vies, devenons cet avion qui continue à avancer et qui, immanquablement, arrivera à un air plus serein…

Et vous ? Arrivez-vous sans être top secoués à traverser les zones de turbulences aériennes et terrestres ?

1 commentaire sur “Turbulences”

  1. Carole et Cédric

    C’est tellement vrai … Pour nous qui aimons voyager, le trajet est toujours un moment redouté et redoutable …
    on n’a plus pu lire une seule ligne depuis deux ans …au fait, pourquoi est-ce que les turbulences arrivent toujours lorsqu’ils viennent de servir les plateaux repas ? Entre les turbulences, le plateau repas, le bébé et la vieille du siège à côté qui vous regarde de travers … un vrai moment de bonheur.
    Merci pour tous ces images parfaitement dessinées par ton écriture … ça rappelle chaque fois des souvenirs …