Nager avec les dauphins

dauphins
C’est probablement le rêve le plus répandu chez les enfants et les ados, après celui de rencontrer Justin Timberlake ou Reana. Adultes, le rêve serait plutôt de barboter, à maximum deux, dans une eau chaude sans rien de gluant qui tourne autour…

Mais, la fascisation pour ces mammifères marins reste intacte. Leur belle couleur argentée, leur sourire fendu jusqu’aux oreilles, leur langage ultrasonique, leur faculté de sauter pour s’amuser,… nous attirent comme des aimants.

Les habitants du bord des mers ont flairé le poisson. Tout qui à un petit bateau à moteur se transforme en convoyeur de touristes rêveurs. Depuis la chute de la Livre Sterling, les rentiers anglais, rougis par le soleil, s’y sont mis aussi. Derrières leurs panneaux sandwichs racoleurs, tous proposent de vous emmener à la rencontre des dauphins.

Et ça marche, qui peut résister longtemps s à ses rêves d’enfants lorsqu’ils semblent à portée de la main, ou plutôt du portefeuille ?

Le génie de l’aventure, assommé par ma dernière chute en VTT, s’est brusquement réveillé. Juste à temps pour me cacher la photo de l’embarcation sur laquelle il fallait monter. Il savait que si je la voyais, mon allergie à l’adrénaline referait surface effaçant toute perspective, pour lui, de s’amuser un peu.

Les tickets pour la famille en poche, j’étais surexcitée comme une fillette de 10ans. Etrange, avec les tickets, j’avais aussi reçu des K-way rouges et des gilets de sauvetages…Ca doit être une histoire d’anglophones, me dis-je. Ils ont attrapé la paranoïa des procès pour cause de cheveux mouillés.

C’est alors seulement, que je découvre l’embarcation : un hovercraft supersonique plus proche du Space Mountain d’Eurodisney que de la barque de pêcheur.

Mon allergie me prend à la gorge. J’essaye de me raccrocher à la bonne bouille rouge du pensionné anglais qui m’a vendu les places mais, il s’est transformé en jeune cowboy yankie. Assis à la place du pilote, il lorgne sur les deux blondasses à fortes poitrines qui se trouvent juste devant moi. Je sens qu’il va mettre le paquet pour les impressionner…

Je veux descendrrrrrrrrrrrrrrrrrre !

Poussée par le génie de l’aventure, qui refuse de s’éclipser, une fois de plus, devant la mère raison. Je me résonne en me disant que ce n’est que 90min difficiles à passer et, qu’après, je serai contente de l’avoir fait.

Je n’ai pas respiré une seule fois durant les 30 min de l’aller. Dès que j’ouvrais la bouche une vague d’eau salée s’abattait sur moi. La mer, qui ressemblait pourtant à un lac paisible avant le départ, s’est révélée avoir des vagues, chose que le génie avait également oublié de me rappeler.

Durant les 30 minutes suivantes, il fallait scruter l’horizon à la recherche des bêtes argentées. 30 longues minutes, ballottées dans tous les sens sur le canot pneumatique. Mon estomac qui s’était bloqué pendant l’aller, a recommencé à tourbillonner d’un coup. La sardine frites que j’avais engloutie avant le départ, s’est découverte une seconde vie et à brusquement trouvé la porte de sortie. J’ai penché ma tête juste à temps pour épargner les longs cheveux blonds de la midinette assise devant moi.

C’est le moment qu’a choisi le pilote pour crier : «dolphin» et redonner un coup de moteur. Ma tête à suivi la sardine accompagnée par tout le reste de mon corps.
SPLACH, j’étais à l’eau !

Je flottais lamentablement agrippée à mon gilet de sauvetage à côté de la sardine à moitié digérée.

Attiré par l’odeur de la sardine ou par les ultrasons de ma détresse, un dauphin a fait surface à côté de moi. Il m’a encerclée poussant un gros fou rire moqueur. Le pilote zélé qui suivait le dauphin a fini par venir me repêcher.

Le dauphin sauveur a englouti le génie de l’aventure en même temps que la sardine. Je ne pense pas le revoir de si tôt.

Moi, je me suis réveillée… étrange ce rêve de nager avec les dauphins…

Et vous ? Z’avez aussi des rêves à ne surtout pas réaliser?

Les petits mots sont ferm�s.