Débuts d’expat

plaine-de-jeux
J’ai débarqué à Lisbonne la fleur au fusil, sans connaître le moindre mot de portugais et sans aucun numéro de téléphone d’expat lisboète en poche.

Au début, j’errais, comme une âme en peine, de plaines de jeux en plaines de jeux à la recherche de l’âme sœur ou copine qui m’introduirait dans le cercle fermé des expatriés intégrés.

J’avais remarqué que, la chance de tomber sur une francophone était multipliée si je m’adressais à une dame aux yeux bleus. La couleur des yeux est plus fiable que celle des cheveux. Depuis l’avancée de la science capillaire, même les chinoises blondissent.

J’essayais donc de capturer le regard des autres mamans en attendant Fifille les bras écartés en dessous du toboggan ou en poussant les fesses de Fifi en haut du mur d’escalade.

Si la dame criait :

– Attention Mathieu, il y a un petit derrière toi. Descends de là tout de suite !

Je passais à l’attaque :

– A cet âge-là, ils veulent tous remonter le toboggan. Fait chaud, hein ?

Si elle était sympa, je tentais :

– Vous habitez ici ?

Et non ! Pas une seule n’a répondu positivement à cette question, toutes des vacancières de passage! J’habite le quartier le plus touristique de Lisbonne mais, quand même… Enfin, j’avais parlé à une adulte et rien que ça, ça faisait du bien.

Les expats d’expérience doivent bien rigoler. Elles qui, dès que l’homme rentre en disant : « Je suis muté à Bidule-ville », s’inscrivent à Bidule-ville Accueil. (« nom ville + Accueil » = bienveillante association pour pauvres expats francophones en détresse. Une association qui distribue des colis de copines et des kits d’activités prêts à l’emploi.)

Pauvre de moi, à l’époque, je ne le savais pas…

Heureusement, après 2 mois de négociations, le Lycée français a fini par accepter l’inscription de notre Fifi pur-belge. Grâce à ça, j’ai eu ma carte d’accès au «club des mères-francophones-qui-attendent-devant-la-grille-de-l’école».

Mon isolement social était terminé !

Je me demande si, quand je rentrerai en Belgique, je ne créerais pas Monbled Accueil… Même sans être expat, on a toujours besoin de copains et de copines pour bavarder.

Et vous ? Vous ne vous sentez jamais seul ?

4 commentaires sur “Débuts d’expat”

  1. nathalie

    La solitude de l’expatrié(e) est une réalité. Il ne suffit malheureusement pas d’échanger quelques mots pour sortir de sa solitude mais c’est un premier pas pour trouver celui ou celle avec lequel/laquelle il sera possible de construire une amitié sincère ou de passer un bon moment. Merci Miss Chocolat d’exprimer ce que beaucoup ressentent, merci aussi de nous faire rire car c’est une savoureuse façon de partager donc de se sentir moins seul(e). (Je dis « savoureux » car je déguste un merveilleux macaron fabriqué par la pâtisserie japonaise de Lisbonne. A découvrir !!!)

  2. Miss Chocolat

    Merci Nathalie !

    Miam miam, je me réjouis d’avoir l’adresse!
    Y a pas que le chocolat dans la vie…Y a les macarons aussi!

  3. Jenny

    Bonjour !
    Je viens de découvrir ton blog grâce a femme expat ! En lisant cette chronique je ne peux pas m’empêcher de repenser à mon arrivée à New York (enfin Brooklyn, là ou y a pas NY-accueil …), j’ai pleuré pendant 2 mois tellement je me sentais seule : appart vide la première semaine, pas de téléphone, pas d’internet, pas de copines, pas de terrain de jeux (çà caille à New York au mois de décembre) : ah l’horreur ! Et pourtant 1 an après on ne voulait plus repartir (il a bien fallu pourtant).
    Hmmm ici je pencherais plutôt pour des natas : nous sommes à montréal mais on habite le quartier portugais !

  4. Miss Chocolat

    Merci beaucoup Jenny pour ton témoignage plein d’espoir!

    Que les « femmes expats » qui sont dans ce cas là se rassurent donc, ça ne dur pas !

    Pour celles qui, comme Jenny à Brooklyn, n’ont même pas internet pour lire Pause Chocolat ou Femmexpat, je vais essayer de créer une newsletter par hiboux messagers comme dans Harry Potter… Est-ce que ces bestioles traversent les océans ?

    Courage à toutes!